Mercedes-Benz 300d (W189) : L'Adenauer du sol de Twente

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Date limite pour le numéro de juin : 21 avril

Concepts automatiques

Conduire au plus haut niveau. Cette expression prend tout son sens lorsqu'on est au volant d'une Mercedes-Benz 300d (W189). Nous nous intéressons à l'histoire d'une Adenauer grise de 1959, ayant appartenu à John Blokhuis, originaire de Twente. Un homme qui n'est pas forcément un passionné de Mercedes, mais qui a succombé au charme de ce symbole ultime de réussite de l'après-guerre, venu tout droit de Stuttgart.

Photos : Max de Krijger pour Auto Motor Klassiek

La Mercedes-Benz 300d (W189) était l'ultime et la plus aboutie évolution de la fameuse « grande 300 », désignée en interne W186 et W189. Lancée en 1957, elle fut produite jusqu'en 1962. À seulement 3077 300 exemplaires, elle était exclusive à l'époque et reste rare aujourd'hui. Ce n'était pas une voiture pour la classe moyenne ; c'était une véritable affirmation de puissance.

La Mercedes-Benz 300d était le modèle haut de gamme de la série W189.

Sous le long capot se cache le moteur six cylindres M189 de 2 996 cm³ à injection mécanique Bosch. Fini les carburateurs, place à l'injection directe, comme celle utilisée par Mercedes dans la 300 SL. Il développe 160 ch à 5 300 tr/min. Impressionnant pour la fin des années 1950, même si cette puissance doit encore déplacer plus de 1 780 kg. Deux tonnes, comme aiment à le dire ses propriétaires. Le résultat n'est pas une voiture de course, mais un moteur souple, presque silencieux, qui remplit sa fonction avec élégance.

La 300d se distinguait des versions précédentes de la 300 par sa direction assistée de série et ses freins améliorés. Elle était dotée d'une suspension indépendante sur les quatre roues, avec un essieu oscillant arrière abaissé. Il en résultait un confort de conduite considéré comme inégalé à l'époque. Une vitesse de pointe d'environ 165 km/h était possible, bien que 120 km/h paraissent largement suffisants pour une berline de ce gabarit.

La plupart des 300d étaient équipées d'une boîte automatique à quatre rapports, mais celle de Twente possède une boîte manuelle à quatre vitesses. Ce qui la rend unique. Les passages de rapports sont longs et fluides. Pas de précipitation, pas de stress. Conduire devient un véritable rituel.

Adenauer et le pouvoir d'État

Le surnom « Adenauer » n'est pas un clin d'œil au passé, mais une référence historique. Le chancelier Konrad Adenauer se déplaçait en Mercedes 300 durant la reconstruction de l'Allemagne de l'Ouest. Il en possédait plusieurs, dont des modèles Pullman allongés. La voiture devint ainsi le symbole du pouvoir politique et du renouveau économique. Ministres, ambassadeurs et industriels privilégiaient le même moyen de transport.

La Mercedes-Benz 300d (W189) était disponible en limousine, cabriolet D et landaulet. Ce dernier, en particulier, avec son toit arrière repliable pour les occasions officielles, soulignait son caractère cérémonial. Tout dans cette voiture respire la majesté : des boiseries aux lampes de lecture de carte à l’arrière, des sièges épais au moteur quasi silencieux.

Restauration sans filet de sécurité

Le fait que John Blokhuis se soit attaqué à un exemplaire aussi délabré en dit long sur son caractère. La voiture avait été proposée à la vente comme épave à Bad Bentheim. « Quiconque achète ça est fou », lui avait-on dit. Peut-être l'étaient-ils. Mais il a su voir ce qu'elle pouvait devenir.

La restauration a duré des années et a coûté une fortune. Pistons surdimensionnés, garnitures d'origine, étoile sur le capot : tout cela pour 100 marks allemands à l'époque. Une voiture donneuse a permis de réunir les deux épaves en un seul ensemble cohérent. La réfection du moteur a été sous-traitée, et les boiseries ont été en partie réalisées par un ami artisan talentueux. Le résultat n'est pas une voiture de concours sur-restaurée, mais une 300d correctement reconstruite, avec un souci du détail remarquable. Même les pneus ont l'aspect diagonal d'origine, bien qu'il s'agisse de pneus radiaux modernes pour une meilleure tenue de route.

Il ne parcourt pas plus de mille kilomètres par an avec cette voiture. Jamais à plus de 80 km/h, même si elle pourrait techniquement atteindre le double. Car la vitesse est secondaire. C'est l'expérience qui compte. Le sentiment d'être plongé dans une capsule temporelle où le savoir-faire primait sur la vitesse de production.

(Voir plus de photos ci-dessous.)

Mercedes-Benz 300d (W189) : L'Adenauer du sol de Twente
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