Date limite pour le numéro de juillet : 19 mai
Robins Suzuki
Robin Hofstede apprécie toutes les marques de motos, mais il a souvent une préférence pour les Suzuki. Il a donc échangé sa GSX 1100-EFE unique de 1216 cm³, équipée d'un carburateur Mikuni HSR 45 à admission directe et d'un compresseur, contre sa Harley. Certains ont trouvé cet échange incompréhensible : une authentique Harley-Davidson contre une vieille machine japonaise restaurée. Difficile de faire plus bizarre ! Mais une occasion unique de posséder la moto dont il rêvait depuis qu'il en avait entendu parler pour la première fois sur Internet ? Une occasion pareille, il ne faut pas la laisser passer !
Robins Suzuki
Cette vieille Suzuki est une machine vraiment exceptionnelle. Construite par Gert-Jan Geurts aux balbutiements d'Internet, elle a continué d'évoluer sous la direction de ses deux propriétaires successifs, conservant ainsi le même niveau de qualité. Robin compte bien la perfectionner davantage, fort de son expérience en la matière. Sa Suzuki suralimentée, montée sur un cadre Martin nickelé, arbore un autocollant « En construction ! » sur le carénage. Autrement dit, « Travail en cours ». On conçoit, on calcule, on crée, on teste. Et puis, il y a des ratés, car même les Japonais les plus enclins au suicide n'auraient jamais imaginé pousser une conception aussi minutieuse à l'extrême.
On répare ce qui casse. Et puis, un autre maillon faible apparaît dans la chaîne. Et ainsi de suite. De plus, la technologie et le réglage d'un moteur à compresseur aspirant le mélange du carburateur modifié sont extrêmement délicats. Le contrôle du mélange sur toute la plage de régime est particulièrement critique. C'est pourquoi un indicateur de rapport air/carburant est placé directement dans le champ de vision du pilote. Ah oui : l'allumage entièrement programmable est également indispensable !
Un point de départ idéal
L'acquisition dont Robin est si fier constitue un point de départ idéal. Le constructeur et les précédents propriétaires ont tous travaillé avec soin et expertise, d'une précision chirurgicale, utilisant des matériaux et des composants de la plus haute qualité (et coûteux !). Tous ces calculs, plans et notes ont été méticuleusement consignés et classés dans une série de dossiers aussi volumineux que de véritables Statenbijbels. Et les tests réalisés sur différents bancs d'essai ont dû coûter une fortune.
C'est assez drôle, et contrairement à ce qu'on pourrait attendre de purs techniciens — ou plutôt, de tels perfectionnistes —, une attention toute particulière a été portée à l'apparence de la plus longue Suzuki que nous ayons jamais vue. La peinture est aux couleurs d'origine Suzuki, mais à Hamamatsu, on ne l'a jamais appliquée avec autant de soin et de richesse. Et les tuyaux autour du compresseur sont parfaitement agencés. La violence gratuite n'a jamais été aussi belle.
Les racines de la bête
Et tout cela malgré le fait que le modèle original était déjà une machine redoutable. La Suzuki GSX 1100 EFE était une moto à la maniabilité pour le moins surprenante. En raison de ses roues de 16 pouces d'origine et de la géométrie de son châssis, cette Suzuki instable fut même interdite par les législateurs d'Australie-Occidentale. Curieusement, les problèmes de stabilité n'apparaissaient que lorsque le pilote portait des vêtements amples et flottants. Ces flottements entraînaient de légers mouvements de direction, provoquant des oscillations et des balancements de la moto. Avec un pilote élégamment vêtu, la Suzuki, malgré son gabarit imposant, se comportait à merveille.
Entre-temps, les passionnés de vitesse avaient découvert que les moteurs Suzuki quatre cylindres refroidis par air et huile (SACS Suzuki Advanced Cooling System) offraient un potentiel de préparation quasi illimité. Ces moteurs étaient utilisés de mille façons pour obtenir les performances les plus élevées et les plus rapides. C'est sans doute ce qui a inspiré Gert-Jan Geurts. Et grâce à son empattement quasi infini, la voiture se montre d'une grande stabilité.

Une belle Suzuki, techniquement irréprochable, est toujours un régal pour les yeux. À mon avis, c'était une excellente décision de l'échanger contre une Harley ennuyeuse. Le comportement routier, selon moi, dépend toujours du pilote, jamais de la moto.
La Soes a une allure élégante et un design soigné, bravo ! Je ne peux que spéculer sur ses performances. Existe-t-il des données connues sur les performances de sa motorisation ?
Techniquement, tout cela est bien beau, mais malheureusement, ce genre de machine présente souvent un certain comportement qui n'a pas sa place sur la voie publique.